VOX développement

La Fondation est fière de présenter sa nouvelle série de balados, VOX développement.

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Les journalistes africains et la presse nord-américaine

 


L'investissement dans l'enseignement supérieur et la croissance économique en Afrique


Les projets de télésanté : épargner du temps, de l’argent, et sauver des vies

Au cours de la dernière décennie, le renforcement des services de soins de santé dans les pays en développement a été soutenu par la technologie. Ces avancées, dues en grande partie à la télésanté – c’est-à-dire l’utilisation des technologies de l’information et de la communication pour améliorer l’accès aux services et offrir des possibilités de partage des connaissances entre professionnels de la santé – font gagner du temps, épargner de l’argent et, qui mieux est, servent à sauver des vies, particulièrement en milieu rural.

« De 2013 à 2015 en Afghanistan, au Tadjikistan et au Pakistan, nous avons investi 600 000 $ en télésanté et avons épargné 3,9 millions de dollars aux bénéficiaires en réduction de coûts, » a souligné Saleem Sayani, directeur du Centre de ressources en télésanté de Karachi. M. Sayani était de passage à Ottawa en mars dernier pour le lancement du Rapport sur le développement dans le monde 2016 de la Banque mondiale, organisé par la Fondation Aga Khan Canada.

La technologie sert à réduire les coûts que les patients de collectivités éloignées paient ainsi que le stress qu’ils subissent. Par exemple, le Centre de télésanté a mis en place des consultations à distance entre le personnel de l’hôpital Aga Khan de Karachi et le Centre médical Gilgit dans le nord du Pakistan.

De meilleurs choix pour les résidents des régions rurales

Pour les collectivités rurales qui n’ont qu’un seul médecin, cela veut dire un accès accru aux connaissances de la vaste communauté des professionnels de la santé. Les frais de transport s’en trouvent aussi réduits, car les patients qui autrefois devaient voyager pour se rendre dans les grands hôpitaux sont souvent diagnostiqués et traités sans avoir à quitter leur lieu de résidence.

Il en résulte une économie de temps appréciable.

« Nous avons fait gagner beaucoup de temps à nos bénéficiaires », a affirmé Saleem Sayani. « En deux ans, nous avons épargné 70 ans aux bénéficiaires issus de ces trois pays. Voilà l’impact d’un investissement de 6 000 000 $. Des économies de 3,9 millions de dollars et de 70 ans en temps. »

Pour les patients qui ne peuvent tout simplement pas se déplacer, ces services peuvent leur sauver la vie.

La prochaine étape est la création d’un « super réseau » qui reliera l’hôpital universitaire Aga Khan de Karachi, au Pakistan à des établissements de santé en Afghanistan, au Tadjikistan et dans d’autres régions du Pakistan. De multiples niveaux de consultation et de services de télésanté seront offerts à de très petits prix.

« Nous avons établi un laboratoire d’innovation afin de trouver des solutions peu coûteuses pour les pays à revenu faible et intermédiaire et d’offrir un meilleur accès aux soins de santé, » a déclaré Sayani. « Nous travaillerons donc dans divers domaines de la robotique et créerons différents outils pour offrir un accès amélioré. »


Le potentiel des jeunes dans le nord du Pakistan

Une nouvelle génération de leaders prend forme en ce moment dans le nord du Pakistan grâce à un programme financé par le Canada. Le programme soutient de nouvelles approches qui favorisent l’engagement des jeunes dans la vie sociale et économique de leurs collectivités respectives. Et les résultats sont impressionnants.

Intitulé Améliorer l’employabilité et le leadership des jeunes (EELY), le programme est axé sur l’enseignement de compétences de leadership pour les jeunes des régions de Gilgit-Baltistan et de Chitral, dans le nord du Pakistan. Lors des dernières élections régionales, un grand nombre de jeunes ayant pris part aux formations ont été élus aux conseils de leurs villages.

« Nous avons constaté un fort intérêt de la part des jeunes pour ces élections locales, non seulement sur le plan de la participation, mais aussi de la contestation », affirme Abdul Malik, directeur général du Programme de soutien rural Aga Khan au Pakistan. « Et nous avons remarqué qu’au niveau local, au moins 20 % des jeunes qui étaient des bénéficiaires directs du programme ont été élus membres de conseils locaux », poursuit M. Malik, qui a dirigé le projet.

En raison de sa géographie reculée, la région est isolée sur le plan politique, et M. Malik affirme qu’elle est exclue de la réalité politique du pays depuis longtemps. Les jeunes de la région n’étaient pas très intéressés à prendre part à un mouvement démocratique populaire. Le programme EELY les a encouragés à s’impliquer dans des enjeux communautaires en leur demandant d’aider à diagnostiquer les problèmes au sein de la communauté, puis de réfléchir à des solutions. Des mini-concours ont été organisés pour les encourager à se prononcer sur les enjeux qu’ils considéraient comme prioritaires.

« L’idée consistait à encourager les jeunes à trouver des façons novatrices de résoudre les problèmes sociaux au sein de leurs collectivités », explique M. Malik. Le programme a ensuite fourni un financement de base aux idées qui semblaient les plus susceptibles de produire des résultats. Cette approche a eu deux effets.

« Cela a donné confiance aux jeunes, mais les a également engagés dans un processus de réflexion sur les enjeux locaux », déclare M. Malik.

Dans une région dans laquelle plus des deux tiers de la population a moins de 29 ans, la participation politique de ces jeunes n’est pas la norme. Les décisions et les processus de priorisation étaient traditionnellement pris en charge par les aînés, ce qui faisait en sorte que les questions touchant les jeunes ne recevaient souvent pas l’attention qu’elles méritaient.

Le chômage et le sous-emploi parmi les jeunes sont des enjeux de taille. La moitié des jeunes se rangent dans l’une de ces deux catégories. Cela crée d’importants défis pour les jeunes et leurs familles. Le programme EELY visait à développer les compétences par le biais de partenariats avec des universités et des établissements privés.

« Sur le front de l’éducation, nous avons tenté de rehausser la qualité des formations dispensées à ces jeunes », explique M. Malik. Le programme a donc offert des formations plus approfondies ainsi que des stages pour les diplômés qui n’avaient pas nécessairement les compétences techniques recherchées par les employeurs. « Les programmes de stages devaient être intéressants pour les employeurs. Cela nous a permis d’obtenir un bon taux de placement. En effet, six stagiaires sur dix ont obtenu un emploi. »

Tous ces efforts sont essentiels pour briser le cycle de la pauvreté, puisqu’ils contribuent à soulager les difficultés économiques des jeunes et de leurs familles et à faire entendre leurs voix dans les décisions communautaires.

« Si vous n’avez pas un bon emploi, alors vous faites l’objet d’un préjugé défavorable pour ce qui est des affaires du village, explique M. Malik, qui a grandi dans la région. Vous n’avez pas accès aux institutions villageoises, les gens ne vous prennent pas au sérieux. Cela affecte même les mariages. Bon nombre de jeunes hommes en particulier ont du mal à fonder une famille s’ils n’ont pas d’emploi. »

La Fondation Aga Khan Canada travaille avec ses partenaires du Réseau Aga Khan de développement pour gérer cet effort, qui est cofinancé par le gouvernement du Canada.

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